Accueil   »  introductions 

Pierre WATREMEZ

Histoire du peuple de Dieu et rédaction de la Bible

Association VIVRE LA BIBLE à Montrouge
Quatrième édition - Janvier 2005

Note : La religion du peuple d’Isrël au début de la royauté

Il ne nous est pas facile de nous imaginer la religion des Fils d’Israël avant le 9ème siècle, c’est-à-dire avant la venue des prophètes de Dieu. Les livres qui évoquent cette époque furent écrits notablement plus tard. Dans un but didactique, les rédacteurs n’hésitent pas à projeter dans les siècles antérieurs un idéal qui n’était pas encore atteint, même à leur époque.

On peut dire qu’entre les 12ème et 8ème siècles les Fils d’Israël observaient dans leur religion les mêmes rites que les peuples qui les entouraient, le culte des Cananéens. Dans chaque ville ou village existait un "haut-lieu" où l’on se réunissait pour les sacrifices. C’était une aire sacrée contenant un autel et des "ombrages", arbres et bois sacrés. On y offrait à la divinité, ou aux divinités, des parfums et des sacrifices d’animaux, ovins ou bovins, prélevés sur les troupeaux pour obtenir, en échange, la fertilité des cultures et la fécondité de la famille et des troupeaux. Souvent un repas de communion rassemblait les offrants, qui mangeaient ainsi à la table du dieu. La Bible appelle "sacrifices de paix" (ou de communion) de tels sacrifices.

Outre les sacrifices de paix, il y avait aussi les "holocaustes" où la victime était entièrement consumée au feu ; en hébreu on dit "olah", de la racine qui signifie "monter", car le sacrifice montait totalement en fumée vers la divinité. Il est certain que des sacrifices humains furent perpétrés, surtout d’enfants premiers-nés, jusqu’à la fin du 7ème siècle. Les offrandes animales étaient accompagnées d’offrandes végétales.

Pour desservir les multiples sanctuaires, un important personnel était nécessaire. Des prêtres ou des lévites étaient responsables du bon déroulement rituel des sacrifices ; l’acte sacrificiel, immolation de l’animal, était accompli par celui qui offrait le sacrifice, le père de famille, le chef de clan ou le roi. Le personnel du sanctuaire présidait aux rites et, le cas échéant, préparait les repas.

Prêtres (ou Lévites) n’étaient pas les seuls desservants des hauts-lieux. On y trouvait également des prophètes professionnels, vivant en confréries ; la Bible les appelle parfois frères-prophètes ou fils de prophètes. On venait les consulter, en échange d’une gratification, pour entendre leurs "oracles", qui étaient considérés comme parole divine. On devine les abus qui pouvaient s’y donner libre cours et contre lesquels les "vrais" prophètes de Yhwh ne cessèrent pas de condamner.

En outre, des hiérodules, prostitués sacrés des deux sexes, s’offraient aux pèlerins ; dans les bosquets ; se réalisait ainsi, en rite de fécondité, une union intime avec le dieu ou la déesse.

Quel(s) dieu(x) ? A lire la Bible dans son texte actuel, on s’imagine que le monothéisme était déjà révélé et pratiqué au moins depuis Moïse, voire même depuis Abraham ! Il n’en est nullement ainsi. L’enseignement des livres prophétiques atteste que le culte était polythéiste ; on adorait les dieux cananéens, les Baals et les Astartés, à côté du dieu national, au nom de YHWH, considéré comme l’un des Baals. Ce dieu avait fait sortir d’Égypte des "hébreux"[1] afin d’en faire "son peuple", les Fils d’Israël. Du haut de la montagne il leur avait parlé ; il leur avait promis puis donné une terre "où ruisselaient lait et miel".

Le nom YHWH est appelé tétragramme sacré. Par respect, les Juifs ne le prononcent jamais ; il n’est pas vocalisé et sa prononciation demeure inconnue. En effet, pour un sémite, prononcer le nom propre d’une personne est, d’une certaine façon, prendre pouvoir sur elle. Ne serait-il pas sacrilège pour un homme d’avoir une telle prétention à l’égard de Dieu, le Tout-Puissant ? Les Juifs lisent Yhwh "Adonaï", ce qui veut dire Seigneur. Des bibles préfèrent écrire Jéhovah ou l’Éternel ; d’autres, surtout les catholiques, le vocalisent en Yahweh ou Yahvé.

En ces temps anciens, selon une idée commune, la terre appartenait aux dieux ; chaque pays avait son ou ses dieux qui devaient aux habitants protection et prospérité. En échange, la population devait à ses dieux adoration et offrandes de sacrifices. Les Fils d’Israël rendaient donc un culte au dieu qui leur avait donné le pays et ils estimaient sage de ne pas oublier les anciens propriétaires ! Les "vrais" prophètes auront bien du mal à faire admettre que Yhwh n’était pas un dieu comme les autres ; il était un "dieu jaloux", n’acceptait auprès de lui aucun concurrent ; à lui seul il était capable de remplir les fonctions que les Cananéens attribuaient à leurs diverses divinités ; Yhwh voulait être le dieu unique pour les Fils d’Israël (c’est la "monolâtrie") ; les autres dieux étaient pour les autres nations.

Plus tard, Yhwh sera appelé "Dieu des dieux", parce que plus grand que les autres, avant de se révéler comme le Dieu unique et seul créateur (6ème siècle).

[1] Le mot HÉBREUX est d’origine incertaine. Il désigne les descendants de Jacob en tant que réduits à la servitude par le Pharaon d’Égypte. Après le passage de la mer de Suph (Mer Rouge) lors de l’Exode, les Hébreux disparaissent car désormais ils sont devenus libres, le peuple de Yhwh. Le terme d’Hébreux devait, à l’origine, qualifier des gens en condition d’esclavage ; il a une connotation péjorative. Des documents anciens qualifient d’hébreux des troupes mercenaires ("légion étrangère"). Le mot réapparaît dans des écrits tardifs (par exemple Jonas) où le rédacteur recherche un effet d’archaïsme.

Pierre Watremez, bibliste

Pierre Watremez a autorisé la copie et la distribution d’extraits non modifiés ou de textes intégraux non modifiés de la présente œuvre, sous réserve que :

  1.  Cette copie ou cette distribution ne soit pas réalisée dans un cadre commercial.
  2.  La copie réalisée ou distribuée soit nécessairement accompagnée du nom de l’auteur (Pierre Watremez),
  3.  de l’adresse du site (www.vivrelabible.asso.fr / www.vivrelabible.net, ces deux noms devant toujours être indiqués)
  4. ainsi que des présentes conditions particulières d’utilisation et d’exploitation.
  5. Par ailleurs, si le nombre de copie atteint les 10 exemplaires, la personne réalisant cette distribution est tenue d’informer, au moins par courrier électronique :
    • l’auteur (Pierre Watremez),
    • ou bien l’association "Vivre la Bible"
    • ou bien le directeur de publication du site de l’association.

De manière générale, sont tout particulièrement interdits :

  1.  tout usage commercial de cette œuvre,
  2. la modification, l’adaptation ou la traduction de celle-ci,
  3.  la mise en ligne de tout ou partie de cette œuvre, l’établissement de lien profond ou de tout procédé technique masquant l’adresse du site sur lequel l’œuvre est légitimement publiée.

Revenir en haut de la page


Adresse de cette page :  http://www.vivrelabible.asso.fr/introductions/redaction2note.html

Association Vivre la Bible - 17 rue Crevel Duval - 92500 RUEIL

Courriel : contact [chez] vivrelabible.asso.fr

Hébergement : société OVH  - 140 Quai du Sartel - 59100 Roubaix

SPIP est utilisé avec joie pour gérer le contenu de ce site.